LE SOUFFLE (4)

« Respirons-nous ou sommes -nous respirés ? Le sanskrit prana, « respiration », renvoie à la source et à la force de la vie ainsi qu’à l’énergie vibratoire de toute manifestation. Les textes sacrés indiens décrivent le souffle vital de l’être vivant, rythmique et palpitant, comme la forme microcosmique de l’alternance du jour et de la nuit, de l’activité et du repos, du temps cosmique. Dans l’intervalle entre ses créations successives, le dieu Vishnou, ayant replié l’univers sur lui-même, dort, flottant sur l’océan cosmique dans les anneaux du serpent Ananta, « sans fin ». Sa respiration est profonde, sonore et rythmique, « la mélodie magique de la création et de la dissolution du monde ». C’est le chant du jars immortel, le doux ham-sa du souffle divin au sein du corps de l’univers et du centre de l’individu. « De même que les rayons d’une roue sont encastrées dans le moyeu, toutes choses sont ancrées au souffle vital  » (Chandogya Upanishad). Le yogi, par son inhalation-ham et son exhalation-sa conscientes, entend la même mélodie que la révélation de la présence intérieure de l’Atman, ou être suprême. »

LE SOUFFLE (3)

« Le souffle conçu comme échange et essence est conforme à sa réalité chimique. La respiration est l’inhalation d’oxygène et l’exhalation de gaz carbonique par un mécanisme interne complexe de pompe qui modifie la pression de l’air à l’intérieur du corps, faisant entrer l’air chargé d’oxygène. Le souffle relie les vies animales et végétales : les animaux ont besoin d’oxygène et libèrent du gaz carbonique, et les plantes de gaz carbonique et libèrent de l’oxygène. Le corps ne stocke pratiquement pas d’oxygène si bien que respirer est, littéralement une question de vie ou de mort ; dans la langue Inuit, mourir c’est « perdre son souffle ». Parce qu’il stimule le corps, le souffle est associé à l’âme qui s’envole avec le dernier souffle. »

(…)

LE SOUFFLE (2)

« Les Grecs anciens percevaient le souffle comme une vapeur intérieure, une sorte de rosée, parfois visible, se mêlant et communiquant avec l’air. Entendre, voir, sentir et parler était émettre un souffle, parfois sous forme de rayon ou de feu ; le souffle se mêlait à « l’intelligence » contenu dans le souffle des autres, avant d’être re-inspiré pour enrichir nos connaissances. Le souffle était identifié avec la conscience, situant la pensée et les sentiments dans les poumons, ces derniers interagissant avec le coeur, le sang et le pouls. « Chez les hommes doués de discernement, les yeux, la langue, les oreilles et l’esprit puisent leurs racines dans la poitrine ». L’inspiration divine, du latin inspirare, « souffler », peut alors prendre la forme d’un soudain flux d’amour, de courage, de colère, de divination ou d’intelligence supérieure. »

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LE SOUFFLE

« Le souffle anime l’argile dans laquelle nous sommes modelés. C’est le cri vigoureux du nouveau né, l’essence du vent, de l’esprit, de la muse, du son. Nos états d’âme se manifestent par des changements de respiration, du souffle court de la panique aux soupirs du chagrin immense « trop profond pour être exprimé par des mots. » Tout « respire ». Songez à la forêt un jour de printemps, au susurrement des feuilles, au bruissement des hautes herbes, au tremblement de la lumière diaprée. « Le Tao est le souffle qui ne meure jamais. C’est la Mère de toute Création » nous dit le Tao Te King. »

(suite au prochain article)

notre corps physique

« Ce serait une erreur de sous-estimer la valeur et la signification de notre corps physique … Le corps est la scène sacrée où se déroule une pièce d’une profondeur indescriptible. Et c’est pour cette raison que la connaissance, ou ce qui est plus et mieux, l’expérience consciente de ce corps est d’importance primordiale pour le Yogi et pour tous ceux qui désirent suivre le chemin de la méditation. L’obstacle que le physique représente pour le spirituel n’est pas un argument pour rejeter le physique. Parce que ce qui représente notre plus grande difficulté est aussi notre plus grande opportunité. » Sri Aurobindo

Un chemin du yoga

Un homme curieux pénètre dans une boutique de yoga. « Que vendez-vous ici ? » demande-t-il. « Tout ce à quoi votre coeur aspire » dit le maître. « Je désire la sérénité, le calme, la paix de l’esprit, l’amour, le bonheur, la sagesse et puis la libération de toute peur. » et puis il ajoute : « pas seulement pour moi, pour tout le monde sur la terre. » Le maître sourit : « je pense qu’il y a erreur. Ici nous ne vendons pas de fruit, juste les semences et un plan pour aller à votre jardin ».

Notre prochaine méditation mensuelle

Notre prochaine méditation mensuelle aura lieu mercredi 23 novembre à 19h30, 16 place des Justices à Angers.

En hommage à TKV DÉSIKACHAR, qui nous a quittés cette année, voici quelques extraits d’une conférence au sujet de la méditation :

« Quel que soit ce que je vais vous dire, ce quelque chose est déjà en vous, c’est quelque chose que vous m’avez donné. (…) Bien sûr, la méditation est quelque chose de très personnel, de très intime en terme de spécificité, mais c’est aussi quelque chose de très commun : l’intérêt global, l’approche générale sont communs et nous pouvons librement le partager. (…) La première enquête dans la pratique de la méditation est de connaître le plat, le récipient, l’esprit. Tout se passe là, ou pour être plus juste, chaque chose se passe et a lieu à cause de l’esprit. (…) Une pratique qui va nous renseigner sur ce qui est à l’intérieur de notre esprit est le premier pas dans la méditation. (…) Nous pouvons explorer si une pratique commune peut avoir quelque effet. Il est dit dans le Samkhya que lorsqu’il pleut, différentes choses se produisent en différents lieux. S’il pleut sur l’océan, rien n’arrive. Si la pluie tombe sur le sable, elle sera immédiatement absorbée. La même pluie tombe-t-elle sur un champ prêt à être moissonné, toute la récolte sera détruite. Ici la pluie détruit, là elle fait revivre, ailleurs encore, elle est sans effet. (…) Une séance commune aura des effet distincts comme dans l’exemple que je vous ai donné. La méditation est un miroir. »