« L’amour n’est jamais bénin »

« … On pourrait dire que l’amour pour un certain arbre, ou même pour la Nature, est quelque chose de bénin, mais l’amour n’est jamais bénin. Il peut mobiliser, et il le fait, tout votre être. Ce que nous appelons « Nature » recouvre une infinité de réponses. Cela englobe l’exploration, la prise de risque, la révolution dans votre vie. (…) Cela vous révèlera à vous-même. Cela inspirera des artistes, des poètes et des philosophes. Cela ouvrira des voies pour la compréhension du sublime. » Etel Adnan

« Vivre en bonne intelligence »

« On a l’impression que l’homme d’aujourd’hui a rapetissé, qu’il a perdu cette immense conscience aimante où tous les êtres vivants et les choses réputées inertes sont hébergés et honorés, et qu’il devient lui-même en voie de disparition en oubliant sa qualité propre d’humanité, c’est-à-dire de bonté. (…) « Vivre en bonne intelligence » : l’expression me plaît. Elle conjugue la lucidité et la sensibilité, elle allie le coeur et la pensée afin de faire la place à l’autre, à ce qui nous entoure. Cette qualité d’humanité invite à veiller sur tout ce qui, matériel ou immatériel, fragile ou éternel, s’avère infiniment précieux. » Jacqueline Kelen

« Lorsque la beauté existe, tous les actes et tous les mouvements, dans chaque forme de relation, sont pleins et entiers, sensés et, par là même, saints. Quand cette beauté, cet amour font défaut, le monde devient fou. » Krishnamurti

« La nature sauve »

« Au-delà des bénéfices dus à la qualité de l’air ou à l’absence de pollution par le bruit, les bienfaits de la nature pourraient provenir aussi de la façon dont les plantes, les arbres ou les oiseaux fixent notre attention sans l’accaparer. Les scènes naturelle offrent un support idéal pour méditer, prendre du recul ou ouvrir notre créativité. « La nature à chaque instant s’occupe de votre bien-être. Elle n’a pas d’autre fin. Ne lui résistez pas. » disait le philosophe naturaliste Henry David Thoreau, qui a passé deux années de contemplation dans sa cabane à Walden. La nature nous ramène à nos sens, nous connecte au moment présent et nous repose, et favorise l’émerveillement. Et puisqu’elle nous fait prendre conscience que nous sommes tous connectés, elle contribue au fait de mieux vivre ensemble. » Ilios Kotsou

Notre rapport au monde

« L’être humain est-il plus fidèle à sa vocation en vivant dans le monde ou hors du monde ?
Le monde c’est le lieu des sollicitations qui attachent le désir à la poursuite insatiable de plaisirs qui ne durent pas, l’espace où se déploie la séduction des images qui se donnent mensongèrement l’apparence de réalités, le piège où s’engluent les esprits superficiels. Mais c’est aussi en expérimentant, en goûtant, en « respirant » ce monde que l’être humain trouve sa place et accomplit son destin ; c’est en posant des actes, et non en fuyant, qu’il s’assume comme authentique interlocuteur et mandataire des puissances supérieures.
(…) En réalité, l’alternative dans le monde/hors du monde traverse chacun d’entre nous, au plus profond. L’empereur romain Marc Aurèle, en bon stoïcien, insistait d’ailleurs sur ce point :
« On se cherche des retraites, à la campagne, au bord de la mer, à la montagne… Cela relève pourtant de la plus grande ignorance puisqu’il est possible, à l’heure où on le veut, de se retirer en soi-même. » » Ysé-Tardan-Masquelier

La légende du colibri (conte amérindien)

Cela se passe dans la forêt amazonienne. Dans cette forêt, l’on voit des arbres à perte de vue mais, en regardant un peu mieux, on aperçoit un arbre plus grand et plus haut que tous les autres.

Cet arbre, il a des branches qui disent : « Venez à moi, peuple des oiseaux ! Venez à moi, je vous accueille ».

Et tout ce petit monde piaille, joue, discute… vit en harmonie.

Mais un jour, arrive un grand malheur, l’arbre prend feu. Les oiseaux impuissants s’élèvent dans le ciel contemplant leur arbre partir en fumée.

A travers la fumée, ils distinguent un petit oiseau qui va à la rivière prendre une goutte d’eau dans son bec et la déposer sur l’arbre.
Il retourne à la rivière prendre une autre goutte d’eau dans son bec, la jette sur l’arbre et retourne encore à la rivière inlassablement, prend une goutte d’eau dans son bec et la dépose sur l’arbre.

Et ce petit oiseau, c’est Colibri ! Vous savez, ce petit oiseau multicolore avec un long bec pour sucer le nectar des fleurs…

« Mais Colibri, que fais-tu ? Viens ! Cela ne sert à rien, viens, rejoins-nous ! »
« Je fais ma part, je fais ma part, je fais ma part de travail pour éteindre le feu ! »
« Et vous aussi, venez faire votre part, faire votre part ! Votre part de travail pour éteindre le feu. »

Les oiseaux se regardent, perplexes.

Et dans un même élan, ils s’élancent vers la rivière, prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre, puis retournent à la rivière prendre une goutte d’eau dans leur bec et la jettent sur l’arbre et retournent encore à la rivière, inlassablement prennent une goutte d’eau dans leur bec et la déposent sur l’arbre.

Et ces millions de gouttes d’eau forment une pluie si fine et si dense que le feu finit par s’éteindre.

Depuis ce jour, l’arbre reverdit, l’harmonie est revenue en son sein et chacun a gardé en mémoire qu’il doit faire sa part.

« La voie est sous nos pieds » Köan Zen

« De façon parallèle, ma maxime favorite est le vers de Machado : « Tu chemines mais il n’y a pas de chemin. Le chemin tu le fais en marchant ». J’adopte donc cette autre formule bouddhiste qui dit : « Le but, c’est le chemin ». Ne cherchons pas le but, cherchons le chemin : c’est lui qui nous sortira des ornières, des difficultés, que cela soit en termes personnels ou politiques ou autres. » Edgar Morin

« Tout est relié : ce que l’homme fait à la toile de la vie, il le fait à lui-même. » Seattle

« C’est là une idée fondamentale que je formulerais ainsi : tout ce qui est séparé est en même temps inséparable. Nous savons depuis l’expérience du scientifique Alain Aspect, que deux particules qui ont dans le passé interagi même si elles sont séparées par des distances très éloignées, communiquent instantanément à des vitesses qui dépassent la vitesse de la lumière. Aussi tout est séparé dans l’univers et, en même temps, tout est inséparable. (…) Ainsi nous sommes des individus séparés les uns des autres, mais nous faisons partie d’un tout qui est la société. Nous sommes séparés de nos parents, mais liés de manière inséparable par notre généalogie … (…) On est à la fois un Moi séparé et un Nous inséparable. Quant à l’éthique, elle peut en effet se fonder sur ce concept d' »inséparation ». Car dès l’enfance, le Moi-Je a besoin des autres. L’éthique, c’est l’épanouissement du Je au sein d’une communauté du Nous. Le lien du Je séparé doit être fait avec le côté inséparable qui nous lie à nos proches comme à la société et l’espèce humaine, c’est en effet une éthique qui devrait être évidente ». Edgar Morin

« Vivre poétiquement »

« Il y a une très jolie phrase de Rita Levi-Montalcini, une scientifique italienne qui dit : « Donnez plutôt de la vie à vos jours que des jours à votre vie. » Et c’est tout simplement la différence entre vivre et survivre : pour moi, vivre longtemps, c’est savoir goûter la poésie de la vie. »
Comment bien vivre le vieillissement du corps et comment combattre se peurs ? « En gardant l’esprit jeune et en continuant à s’émerveiller ! Comme le dit Platon : « Le corps est un tombeau pour l’âme de celui qui ne sait pas s’ouvrir » ! Quel que soit son âge, si on ne s’étonne pas, on est dans la platitude ! Tout est étonnant, à commencer par vivre. (…)
Pour moi, tout est mystère. Je préfère le mot mystère à celui d’énigme, car ce dernier porte en lui la résolution : par la recherche, par l’enquête on finit par résoudre l’énigme ! Alors que le mystère dépasse la capacité de l’esprit humain : le fait d’exister, d’avoir un corps, un esprit, une âme de vivre. » Edgar Morin

Qu’est-ce que l’incarnation ?

« Ce qu’il y a d’unique dans un corps humain c’est, en effet, qu’il est l’incarnation d’une personne : il est le lieu où naissent et se manifestent nos désirs, nos sensations et nos émotions, il est le moyen par lequel nous pouvons démontrer quelle sorte d’êtres moraux nous sommes. C’est pourquoi la corporéité de chacun peut donner des résultats fort différents. (…) Chaque personne entretien avec son corps une relation à la fois instrumentale et constitutive. Nous sommes complètement liés à notre corps tout en étant loin de lui, nous demeurons dans une zone de frontière entre l’être et l’avoir (…) Nous sommes exactement ce que nous sommes, car nous sommes notre corps tout en l’ayant. Mon corps semble donc « adhérer » à moi au point que je ne peux m’en retirer. (…) On peut très bien décider de ne pas prêter attention à une grande douleur, mais cette façon de « ne pas être dans son corps » suppose encore qu’on y soit. Au point que si l’on peut ignorer le corps, on ne peut pour autant l’annuler. (…)
Si d’un point de vu extérieur, le corps apparaît comme un dispositif organique complexe, un système en équilibre d’organes liés les uns aux autres, d’un point de vue subjectif et intérieur, il est aussi un lieu d’interrogation existentielle. » Michela Marzano