« ASANA – dynamique et statique »

« Un âsana, c’est à dire une posture de yoga, est effectivement dans sa forme aboutie, une position immobile. Cette manière d’exprimer les choses ne doit toutefois pas faire oublier que « tout est mouvement dans le monde manifesté » et que par conséquent, l’immobilité dans la posture n’est que très relative.
Sur un plan technique, cette immobilité est difficile à réaliser et pour s’en approcher au mieux, on utilise des préparations essentiellement « dynamiques », le terme incluant l’idée de répétitions et de progression. (…) L’importance des phases dynamiques repose aussi sur la nécessité de détendre, d’étirer, de comprimer et de tonifier avant d’agir vraiment par la position statique éventuelle. (…)
Le mouvement lent, contrôlé et synchronisé avec la respiration calme et complète, facilite aussi l’orientation mentale. (…)
Réunies à l’intérieur d’une série de mouvements doucement répétés, ces caractéristiques aident à déterminer les possibilités physiques, respiratoires et psychologiques du moment présent ; elles donnent une idée précise des limites à atteindre et à ne pas dépasser, et conduisent à la stabilité dans l’aisance qui définit la posture de yoga. ». Frans Moors

« Le temps comme une sphère »

« Tous les êtres vivants s’appartiennent mutuellement car nous ne sommes pas des êtres séparés, mais des dynamismes, ou les étapes d’un processus. Il n’y a pas de mort, seulement une transformation. Une grande différence peut être décrite entre les conceptions occidentales et les conceptions indiennes du temps.
La perception occidentale du temps est linéaire et progressive (…).
Chaque moment est considéré comme une étape par rapport aux autres ; chaque moment est supérieur aux moments précédents mais pas aussi agréable que celui qui suivra (…). Notre perception du temps, est, au contraire, sphérique – il n’y a ni passé ni futur, car ils font un avec le présent. Chaque moment du temps est propre à lui-même – l’unique interaction d’évènements infinis depuis le commencement du temps – et a des conséquences infinies. De même que chaque point de l’espace est le centre de l’univers, chaque moment est le centre du temps, l’unique et précieux instant auquel la Terre s’est préparée depuis son origine. Rien ne progresse, n’avance, ni ne s’améliore. Tout est dans tout ce qui a été et ce qui sera. Un arbre haut de trois pieds n’est ni supérieur ni inférieur à un arbre de trente pieds. Il n’est jamais ni supérieur ni inférieur à ce qu’il était, ou à ce qu’il sera. Il doit toujours être en harmonie avec lui-même. »
Gayle High Pine – Chef de la nation Oglala Lakota
Gayle High Pine – leader

« Observer »

 » – L’observation de soi ou des autres, en approfondissant la connaissance, nous permet d’améliorer notre pratique (…)
– Grâce à l’observation, nous ne nous contentons pas de répéter toujours les mêmes choses, car observer c’est voir ce qui change, c’est s’adapter, progresser, évoluer (…)
– L’observation est un processus d’apprentissage et de connaissance (…)  » Frans Moors

« Toute action devrait être accompagnée d’une observation ; chaque observation devrait faire l’objet d’une réflexion donnant lieu à un nouvel apprentissage qui, lui-même, entraînerait une action neuve, mieux adaptée que la première ». G. Kraftsow

« L’aspect scientifique de l’observation aide à comprendre les effets externes et visibles ; l’art de l’observation aide à pénétrer le monde intérieur de l’observé, à comprendre les effets non-spécifiques (émotions, sensations). » R. Miller

« Le miroir »

« La première chose à faire est de reconnaître notre état actuel. C’est la raison d’être du concept de » darshana », de miroir. Nous avons besoin d’un miroir pour voir comment et où nous sommes. Si je me regarde dans une glace, je vois mon visage. Mais je ne pense pas, que même aujourd’hui, on puisse découvrir un miroir qui permette de voir l’intérieur de l’esprit, de voir si je suis perturbé, si je suis vulnérable à la peur … Un bon miroir ne devrait pas me renvoyer n’importe quelle couleur, mais ma véritable couleur. La vie m’a appris que nous souhaitons toujours regarder le miroir qui nous donne une couleur flatteuse. (…) Un miroir doit être fidèle ; il ne devrait pas avoir de caractéristiques propres et ne devrait refléter que les miennes. » TKV Désikachar

« Le point de départ »

« Si nous ne les détruisons pas, nos potentiels sont à notre disposition. (…) Nous avons certaines possibilités sans avoir travaillé pour les obtenir ; elles nous ont sans doute été données. Mais nous les perdons si nous ne les entretenons pas.
Que nous ayons certaines capacités ou que nous souhaitions en obtenir, il est essentiel de savoir où nous en sommes. C’est le premier élément du voyage. Parce que nous désirons quelque chose, très souvent nous avons tendance à imaginer que nous sommes ce que nous voulons être. Nous devrions examiner cela attentivement et accepter notre point de départ. Toutes les pratiques doivent partir du point où nous sommes et non pas du point où nous voudrions être. » TKV Desikachar

« La clarté intérieure »

« Nous n’arrivons à percevoir l’espace extérieur que dans la mesure où notre espace intérieur est clair. C’est la clarté de l’intérieure qui illumine l’extérieur. Si vous n’acceptez l’idée de cette clarté intérieure, votre existence et même la faculté d’élocution grâce à laquelle vous établissez justement votre existence, deviennent fausses. Vous dépendez de cette clarté intérieure, de cette force interne agissante, ne serait-ce que pour prononcer une phrase. (…)
Le Purusha Shukta dit que cette force est présente en chaque être vivant. La vie ne continue que dans la mesure où cette force est présente et en son absence, il n’y a ni perception, ni cognition, ni quoi que ce soit. »

Shri T. Krishnamacharya

« Le yoga nous prépare »

« Le yoga c’est ce qui nous prépare et donc ce qui nous protège.
On reproche souvent aux adeptes du yoga de se réfugier dans leur cuirasse ou leur carapace (…). Le yoga nous prépare à confronter les difficultés de l’existence et nous protège contre nos propres erreurs et celles des autres puisqu’il développe la connaissance de soi et l’attention. Toutefois, il nous inspire aussi une grande disponibilité et respecte notre vulnérabilité essentielle. Il faut pour en avoir la preuve, lire l’histoire de karana dans le mahabharata. Le prince était protégé par une armure invincible mail il fut quand même tué puisqu’il donna son armure à indra, par simple générosité ». François Lorin

Rechercher pour l’être humain l’état de santé au sens large »

« Il s’agit de bien se sentir ; les Indiens diraient que la coordination des fonctions de l’organisme est bonne. Ceci n’implique pas forcément l’absence totale de trouble ici ou là ; mais la capacité de ne pas être perturbé durablement ou en profondeur par les « accidents » qui peuvent survenir et d’intégrer dans un nouvel équilibre les modifications induites en nous par telle ou telle maladie … c’est faire appel à nos capacités de flexibilité et d’adaptation au sens physique et psychique. (…) L’intelligence qui anime notre corps peut se dévoiler. » L. Maman

« Le corps, point de départ »

« (…) il ne suffit pas de travailler sur le corps systématiquement, pour qu’une transformation positive survienne « au-delà » du corps. Il faut que l’intelligence, à tout instant, s’applique à ce travail. Le corps, lui-même devient alors intelligent et reflète l’harmonie générale de l’individu.
Dans le cas contraire, nous pouvons au mieux faire souffrir notre corps par des pratiques inadaptées ; (…) Dans le bien être d’un individu interviennent au premier chef des rapports harmonieux avec son environnement géographique, familial, culturel … Si cette harmonie existe, toutes les conditions favorisant son équilibre se trouvent réunies.
Ce qui se passe au niveau du corps est un reflet de la façon dont tout celà est vécu.
C’est ce que propose le Yoga : un reflet de notre propre vie. »
L. Maman

« La non-violence »

« La non-violence n’est pas une stratégie que nous pouvons utiliser un jour et laisser de côté le lendemain, pas plus quelle ne fait de nous des agneaux ou des mauviettes. La non-violence consiste à inculquer des attitudes positives pour remplacer les attitudes négatives qui nous dominent. Tout ce que nous faisons est conditionné par des motivations égoïstes – ce que nous avons à gagner – et plus encore dans une société à dominante matérialiste qui tire sa force d’un individualisme à toute épreuve. Aucun de ces concepts négatifs ne contribue à créer des familles, des communautés, des sociétés ou des nations homogènes. (…)
La non-violence consiste à faire émerger ce qu’il y a de positif en nous. (…) Nous ne pouvons changer le monde que si nous changeons nous-mêmes. » Arun Gandhi