« Tradition et Yoga » (3)

« L’homme dispose de facultés spécifiques du corps, de l’âme et de l’esprit,

– l’intuition sensible pour le corps, c’est-à-dire la connaissance directe (sans l’aide du raisonnement) des objets par la perception sensorielle ;
– la raison et l’imagination pour l’âme, c’est-à-dire la connaissance qui procède par analyse, synthèse, analogie … et qui utilise pour celà le mental ;
– l’intuition transcendante pour l’esprit, c’est-à-dire la connaissance du sens ultime des choses, des principes d’ordre universel. Elle ne procède pas par le raisonnement mais par une sorte d’évidence intérieure (…)

On peut comprendre, par ce qui précède, que la tradition va transmettre un ensemble de moyens pour que l’homme puisse prendre conscience qu’il est aussi esprit et atteindre la connaissance du sens ultime des choses. »

A. Debast

« Tradition et Yoga » (2)

« Il est dit dans toutes les traditions que l’homme n’est pas seulement un corps, mais aussi une âme et une esprit. (…)
Au bord du lac, quand le vent frise la surface de l’eau, on voit des milliers de reflets qui marquent l’extrémité de chacun des rayons émanant du soleil. Le soleil est réfléchi dans l’eau et ce n’est sans doute pas un hasard si le mental est dans l’homme, ce qui réfléchit.

Il est dit aussi dans la tradition que tout ce qui se trouve dans l’homme se trouve également dans l’univers. L’homme est un microcosme au sein du macrocosme et c’est cela justement qui lui permet de sentir en harmonie avec l’univers, de prendre conscience qu’il est un centre dans le monde en se connaissant lui-même. »

« Tradition et Yoga » (1)

« Le mot « tradition » est un terme que l’usage a, peu à peu, vidé de sa signification première, et qu’il est donc intéressant de redéfinir pour éviter des discussions stériles. Le mot lui-même, dans sons sens originel, exprime l’idée de « transmission », du latin « traditio : action de transmettre ».
On ne peut évidemment transmettre que ce qu’on a soi-même reçu et cela relie la notion de transmission à celle d’une chaîne de transmission. D’ailleurs en sanskrit, le mot est exprimé par paramparâ, série ininterrompue, succession, continuation, tradition.
Mais « transmission au travers d’une suite ininterrompue » n’est cependant pas suffisant pour une définition complète car la tradition ne transmet pas n’importe quoi. Je crois cependant que pour bien le comprendre, il peu être intéressant de de passer au préalable par deux exemples. Ils sont révélateurs de l’esprit traditionnel. »
A. Debast (à suivre…)

3 – « Rétentions du souffle »

« Les rétentions sont toujours citées en troisième positions après l’expiration et l’inspiration. Le souffle peut être retenu après l’expiration (poumons vides), ou après l’inspiration (poumons pleins).
Les rétentions permettent d’intensifier l’effet de la posture et d’améliorer l’inspiration. Si la pratique des rétentions provoque un raccourcissement de la respiration, il ne faut pas continuer.
L’introduction des rétentions doit être progressive, d’abord dans les postures et en commençant par les rétentions poumons vides.
La rétention après l’inspiration ne doit s’accompagner ni d’un blocage ni de tensions dans la gorge. » M. Alibert

2 – « Mouvement d’inspiration »

« En accord avec la pratique posturale, le mouvement d’inspiration débute dans la cage thoracique et descend vers l’abdomen. En cherchant à allonger l’inspiration pour elle-même, on peut très facilement forcer et créer des tensions. Aucune action réflexe ne limite cet effort. Dans la pratique, il est demandé d’insister d’abord sur l’expiration et de la choisir comme base de la respiration. La durée de l’inspiration ne sera jamais supérieure à celle de l’expiration, celà entrainerait des désordres dans la région lombaire, le ventre et la cage thoracique. La découverte de l’inspiration et son amélioration se feront grâce à l’expiration et aux postures. » M. Alibert

1 – « Mouvement d’expiration »

« L’importance de l’expiration est mise en valeur par les textes authentiques qui la citent toujours en premier. (…)
La pratique des postures permet d’observer que le mouvement d’expiration part de l’abdomen et remonte vers la cage thoracique. Ce mouvement de l’abdomen à l’expiration et le deuxième élément dont il faut tenir compte dans la respiration, après la qualité du son.
On ne court pas de risque à allonger l’expiration.
La qualité du son devrait nous en indiquer la durée maximale ; si l’on force, un réflexe déclenche toujours l’inspiration avant qu’il n’y ait danger. » Michel Alibert

« Le souffle »

« Lorsque l’on cherche à allonger et à contrôler la respiration (pranayama), on est amené à en apprécier la qualité. On doit aussi la considérer sous son triple aspect : l’expiration, l’inspiration et les rétentions. (…)

Qualité du souffle et son : observer sa respiration, c’est d’abord en apprécier la qualité et non la longueur. Le son produit par la respiration donne des indications de qualité.
Une respiration profonde et régulière produit toujours un son à l’expiration et à l’inspiration. Deux éléments permettent d’apprécier ce son : sa régularité et son lieu d’émission.

Régularité du son : Un son continu est l’indication d’un débit continu (…) Que la respiration soit lente ou rapide, le son doit rester régulier.

Lieu d’émission : Il peut varier entre la gorge et le nez, néanmoins, si la respiration est correcte, le son se situe dans la gorge. (…)

AU FUR ET À MESURE QUE LA RESPIRATION S’ALLONGE, LE SON DEVIENT DE PLUS EN PLUS DOUX. BIEN AJUSTÉE, LA RESPIRATION NE S’ENTEND PLUS MAIS EST RESSENTIE COMME QUELQUE CHOSE DE SUBTIL. (…)
Michel Alibert

« Posture pour le pranayama »

« Les muscles qui redressent la colonne sont aussi utilisés pour respirer. La posture a donc une influence sur la respiration.
Pour pratiquer le pranayama, il faut choisir une posture qui, d’une part place le tronc, le cou et la tête dans une relation d’équilibre sans tension, et d’autre part ne gêne pas les mouvements de la cage thoracique et de l’abdomen. Si la posture place la colonne en extension, la cage thoracique est plus libre mais l’abdomen est gêné. L’inverse se produit si la posture arrondit le dos. Il faut donc un dos droit, mais en gardant une attitude naturelle, sans effort exagéré de redressement, pour éviter les tensions. On améliorera progressivement cette assise par la pratique des postures.
En principe les yeux sont clos et le regard est maintenu vers le bas. Si la nuque est raide, on peut accompagner la respiration de légers mouvements de tête. Si l’on observe des tensions dans les épaules, il est recommandé de s’asseoir sur un tabouret par exemple.
Le pranayama est vigilance : il ne faut donc pas s’enfermer dans la routine (…) » Michel Alibert

« ASANA – dynamique et statique »

« Un âsana, c’est à dire une posture de yoga, est effectivement dans sa forme aboutie, une position immobile. Cette manière d’exprimer les choses ne doit toutefois pas faire oublier que « tout est mouvement dans le monde manifesté » et que par conséquent, l’immobilité dans la posture n’est que très relative.
Sur un plan technique, cette immobilité est difficile à réaliser et pour s’en approcher au mieux, on utilise des préparations essentiellement « dynamiques », le terme incluant l’idée de répétitions et de progression. (…) L’importance des phases dynamiques repose aussi sur la nécessité de détendre, d’étirer, de comprimer et de tonifier avant d’agir vraiment par la position statique éventuelle. (…)
Le mouvement lent, contrôlé et synchronisé avec la respiration calme et complète, facilite aussi l’orientation mentale. (…)
Réunies à l’intérieur d’une série de mouvements doucement répétés, ces caractéristiques aident à déterminer les possibilités physiques, respiratoires et psychologiques du moment présent ; elles donnent une idée précise des limites à atteindre et à ne pas dépasser, et conduisent à la stabilité dans l’aisance qui définit la posture de yoga. ». Frans Moors

« Le temps comme une sphère »

« Tous les êtres vivants s’appartiennent mutuellement car nous ne sommes pas des êtres séparés, mais des dynamismes, ou les étapes d’un processus. Il n’y a pas de mort, seulement une transformation. Une grande différence peut être décrite entre les conceptions occidentales et les conceptions indiennes du temps.
La perception occidentale du temps est linéaire et progressive (…).
Chaque moment est considéré comme une étape par rapport aux autres ; chaque moment est supérieur aux moments précédents mais pas aussi agréable que celui qui suivra (…). Notre perception du temps, est, au contraire, sphérique – il n’y a ni passé ni futur, car ils font un avec le présent. Chaque moment du temps est propre à lui-même – l’unique interaction d’évènements infinis depuis le commencement du temps – et a des conséquences infinies. De même que chaque point de l’espace est le centre de l’univers, chaque moment est le centre du temps, l’unique et précieux instant auquel la Terre s’est préparée depuis son origine. Rien ne progresse, n’avance, ni ne s’améliore. Tout est dans tout ce qui a été et ce qui sera. Un arbre haut de trois pieds n’est ni supérieur ni inférieur à un arbre de trente pieds. Il n’est jamais ni supérieur ni inférieur à ce qu’il était, ou à ce qu’il sera. Il doit toujours être en harmonie avec lui-même. »
Gayle High Pine – Chef de la nation Oglala Lakota
Gayle High Pine – leader