« Le yoga nous soutient » – 2

Artha – « Pour accomplir notre dharma, des moyens techniques sont nécessaires. Par exemple, nous devons nous alimenter, nous vêtir, habiter quelque part. Pour celà il faut gagner de l’argent. Selon notre situation, nous aurons peut-être besoin d’une voiture, d’un ordinateur, etc. Toutes ces choses sont nécessaires mais elles ne doivent pas représenter une fin en soi, ce n’est pas là le but de l’existence. Ce ne sont que des outils, des moyens et cela doit être bien clair pour chacun de nous. » TKV Désikachar

« Le yoga nous soutient » – 1 –

« Les anciens sages de l’Inde considéraient que l’homme se distingue des autres êtes vivants par les quatre aspirations qui l’animent :
dharma, artha, kâma et moksha.

1 – Dharma : L’homme n’est pas sur terre uniquement pour rechercher la satisfaction de ses besoins élémentaires. Il à un rôle à jouer, une mission à remplir et il doit en être conscient.
Chacun de nous a des devoirs à accomplir. Envers soi-même, envers ses proches et envers la société.
Cet ensemble de tâches qui jalonnent notre vie et la manière dont nous les réalisons constituent le « dharma ». Celui-ci varie selon la culture, les traditions ou certaines circonstances. Comprendre ce que l’on doit réaliser ou non et déterminer son action en fonction de cela, c’est agir selon le dharma. »
TKV Désikachar

« le yoga peut nous aider »

« Aujourd’hui, en Occident comme en Inde, nous sommes pressés et le temps nous manque pour mener à bien les projets qui pourraient nous grandir. Nos possibilités sont immenses et pourtant, elles ne peuvent s’épanouir parce que nous nous y prenons mal et que nous n’avons pas de temps à y consacrer. Cependant, le yoga peut nous aider; Par lui, tout peut être simplifié. »
(….)
 » Suis-je prêt à entreprendre cette enquête qui me conduira éventuellement à « me rencontrer » tel que je suis ?  »

« Le yoga est l’aptitude à la concentration de l’esprit dans une seule direction et en aucun cas source de distraction du mental. Ceci devrait toujours rester présent à l’esprit du pratiquant. »

« Il ne s’agit pas de devenir un expert dans l’art de la concentration mais plutôt de développer la capacité de découvrir à des niveaux de plus en plus profonds, ce que l’on est et ce que l’on n’est pas. »

« Malheureusement, l’homme ordinaire n’a aucun effort à faire pour être distrait. (…) Il porte naturellement son attention vers l’extérieur et s’identifie à son activité mentale dispersée.
La pratique essentielle du yoga, la clé du yoga, celle qui ouvre la porte à la connaissance de soi et à la spiritualité c’est la méditation. Établir le silence intérieur pour permettre l’écoute de ce qu’il y a de plus profond en soi, c’est vraiment ce qui nous manque le plus. »

TKV Désikachar

« la connaissance de soi »

« Le chemin de la spiritualité passe par la connaissance de soi. Se connaître mieux pour agir en fonction de ce que l’on est, voila la recherche primordiale. La pratique du yoga n’est pas un but en soi mais bien l’outil aux multiples facettes qu permet l’enquête spirituelle.(…) Quand nous pratiquons les postures et les exercices respiratoires, nous procédons à un nettoyage, nous éliminons les impuretés qui habitent notre mental afin de pouvoir « observer et mieux connaître » ce que nous sommes. (…) La quête spirituelle ne nous conduit pas nécessairement en des lieux sacrés. En premier, elle nous situe à notre place réelle dans le quotidien. (…) Mais savons-nous encore que la spiritualité c’est avant tout arriver à mettre de l’ordre dans notre vie et nos gestes quotidiens ?  »
TKV Désikachar

« sentir la posture de l’intérieur »

« Il y a quelques années, un psychologue français, Michel, rencontra mon père T.Krishnamacharya. Michel avait le corps souple et pouvait faire beaucoup de postures compliquées. La plupart de ses amis le considéraient comme un expert.
Mon père lui demanda de faire quelques exercices. Après l’avoir regardé démontrer beaucoup de postures compliquées, mon père lui dit :
« Vous n’êtes pas en train de faire du yoga! »
« Professeur, ce son des postures classiques. »
« Non, vos yeux voyagent tout autour de la pièce. Vous ne cessez de me regarder; Vous n’avez pas régularisé votre respiration. Vous n’êtes pas « dedans ».
Michel était triste, mais il désirait ardemment maîtriser ses postures. Il pria le professeur de le guider.
Mon père lui indiqua les neufs principes suivants :
1- suivre la respiration. Elle doit être douce, longue et synchrone avec le corps.
2 – faire vivre et vibrer le corps avec la respiration
3 – expirer quand on penche le tronc vers les jambes
4 – inspirer quand on redresse le tronc
5 – quand la respiration se raccourcit, se reposer jusqu’à ce qu’elle redevienne normale
6 – à l’inspiration, étirer la colonne vertébrale et ouvrir la poitrine
7 – à l’expiration, contracter l’abdomen
8 – respirer par le nez, et jamais violemment
9 – Enfin, garder les yeux fermés et sentir la posture « de l’intérieur ». »

TKV Désikachar

« Mettons nous à l’écoute »

« L’énergie d’éveil ne se construit pas par la friction, la résistance et le conflit ; elle éclôt et elle croît comme la plante lorsque le milieu ambiant est favorable.
TKV Désikachar a souvent souligné que la condition essentielle de l’éclosion c’est l’attention portée à « où j’en suis » : au point de départ, ici et maintenant, sans hypocrisie et sans ambiguités. Le savoir n’est pas utile, les théories non plus ; les experts sont de trop : il suffit de poser un regard sur soi sans a priori; Dès lors le corps, les sensations, constituent un domaine irremplaçable d’observation et de prise de conscience.
Mettons nous à l’écoute des messages incessants et profonds du corps ; ils conduisent à l’épanouissement de l’être, au déploiement sans limite de son énergie. » François Lorin

« passerelle entre cosmologie et spiritualité »

« La science ne peut être déconnectée des grandes interrogations qui préoccupent la conscience. Du moment que vous distinguez clairement les propos qui relèvent de votre activité scientifique de ceux qui relèvent de votre engagement personnel, je ne vois pas pourquoi de telles passerelles ne pourraient pas être établies. Einstein écrit que « la religion cosmique est le mobile le plus puissant et e plus généreux de la recherche scientifique ». (…) Je crois à un principe panthéiste qui me place dans le sillage de sa pensée ainsi que que celle de Spinoza, principe qui se manifeste par l’harmonie et la beauté des lois de la nature. Ma démarche scientifique comme ma spiritualité visent à rendre compte de l’existence de ce principe et d’en rendre perceptibles les manifestations. Pour que l’harmonie et la beauté des lois de la nature soient perceptibles, il faut qu’une conscience s’en saisisse.
La science n’a cessé de confirmer l’existence de ces lois. C’est la grandeur de l’homme d’en avoir fait scientifiquement la démonstration. Loin d’avoir désacralisé le monde, la cosmogonie moderne l’a réenchanté. (…) Nous sommes tous des poussières d’étoiles. À l’exception des atomes d’hydrogène et d’hélium qui ont été créés durant les trois premières minutes après le Big Bang, tous les éléments chimiques qui composent la table de Mendeleëv et qui constituent le monde sont nés de la fusion nucléaire dans les étoiles. Celles-ci sont nos ancêtres. Nous partageons tous la même généalogie cosmique. Nous sommes les cousins des bêtes sauvages et des fleurs des champs. (…) »
Trinh Xuan Thuan

« Trois clés »

« Je ne sais pas si la vie a un sens, mais nous pouvons lui en donner un. Nous avons le choix de le faire par la compassion, l’empathie. Camus disait qu’une vie est réussie lorsque l’on a participé de manière positive, non seulement à sa propre vie, mais aussi à celle des gens qui nous entourent. La vie réussie s’articule autour de trois domaines. La science : découvrir, comprendre ; l’art : faire et contempler la beauté ; et l’empathie : vivre en conscience avec les autres. Pour moi, ce sont les trois clés pour analyser l’humanité. Créer, comprendre, et vivre autour de la souffrance humaine. » Hubert Reeves

« Servir la vie »

« Qu’est-ce que le service de la vie ?
On peut essayer de le définir comme effort créateur, c’est-à-dire effort pour offrir à la vie de nouveaux espaces d’émergence, d’expression, de protection et de déploiement. C’est soutenir la vie dans tous ses efforts contre ce qui veut l’affaiblir ou la détruire, contre les violences qui l’agressent ou les maux qui l’affaiblissent. C’est créer la vie là ou elle n’existait pas. C’est aussi l’imaginer et la faire exister sous des formes nouvelles. C’est semer la graine d’un arbre, cultiver un jardin, concevoir un enfant, peindre un tableau, inventer des outils (matériels ou symboliques) et s’en servir de façon éthique, secourir celui qui est en détresse, écouter celui qui en a besoin, enseigner ce que l’on sait, donner ce que l’on a, réaliser en soi un progrès d’être, de conscience, de vertu, etc. Le service de la vie est très vaste, difficile à circonscrire. Il s’actualise notamment dans trois grandes directions : la culture du lien à soi, du lien à l’autre, du lien à la nature. » Abdennour Bidar

« Juste le présent »

« Notre faculté de discernement nous permettra de distinguer entre mollesse et décontraction, entre disponibilité et apathie, entre ouverture et indifférence, entre plaisir et esclavage des sens.
La nuance est subtile et la recherche de cet équilibre l’est aussi. En allant trop vers la détente, je risque de me diluer et de perdre le fil du yoga, en allant trop vers la fermeté, je risque de perdre l’écoute et la tendresse.
Le résultat de cette recherche est l’harmonie. Nous nous sentons alors déposés entre deux directions, au centre. L’état d’équilibre est défini comme des forces complémentaires égales dont la somme s’annule. Ce n’est donc pas l’absence d’effort mais l’effort juste pour le yoga. Là, il n’y a plus de passé ou de futur, juste le présent. ». Sandra Ermeneux.