« Le souffle »

« Lorsque l’on cherche à allonger et à contrôler la respiration (pranayama), on est amené à en apprécier la qualité. On doit aussi la considérer sous son triple aspect : l’expiration, l’inspiration et les rétentions. (…)

Qualité du souffle et son : observer sa respiration, c’est d’abord en apprécier la qualité et non la longueur. Le son produit par la respiration donne des indications de qualité.
Une respiration profonde et régulière produit toujours un son à l’expiration et à l’inspiration. Deux éléments permettent d’apprécier ce son : sa régularité et son lieu d’émission.

Régularité du son : Un son continu est l’indication d’un débit continu (…) Que la respiration soit lente ou rapide, le son doit rester régulier.

Lieu d’émission : Il peut varier entre la gorge et le nez, néanmoins, si la respiration est correcte, le son se situe dans la gorge. (…)

AU FUR ET À MESURE QUE LA RESPIRATION S’ALLONGE, LE SON DEVIENT DE PLUS EN PLUS DOUX. BIEN AJUSTÉE, LA RESPIRATION NE S’ENTEND PLUS MAIS EST RESSENTIE COMME QUELQUE CHOSE DE SUBTIL. (…)
Michel Alibert

« Posture pour le pranayama »

« Les muscles qui redressent la colonne sont aussi utilisés pour respirer. La posture a donc une influence sur la respiration.
Pour pratiquer le pranayama, il faut choisir une posture qui, d’une part place le tronc, le cou et la tête dans une relation d’équilibre sans tension, et d’autre part ne gêne pas les mouvements de la cage thoracique et de l’abdomen. Si la posture place la colonne en extension, la cage thoracique est plus libre mais l’abdomen est gêné. L’inverse se produit si la posture arrondit le dos. Il faut donc un dos droit, mais en gardant une attitude naturelle, sans effort exagéré de redressement, pour éviter les tensions. On améliorera progressivement cette assise par la pratique des postures.
En principe les yeux sont clos et le regard est maintenu vers le bas. Si la nuque est raide, on peut accompagner la respiration de légers mouvements de tête. Si l’on observe des tensions dans les épaules, il est recommandé de s’asseoir sur un tabouret par exemple.
Le pranayama est vigilance : il ne faut donc pas s’enfermer dans la routine (…) » Michel Alibert

« ASANA – dynamique et statique »

« Un âsana, c’est à dire une posture de yoga, est effectivement dans sa forme aboutie, une position immobile. Cette manière d’exprimer les choses ne doit toutefois pas faire oublier que « tout est mouvement dans le monde manifesté » et que par conséquent, l’immobilité dans la posture n’est que très relative.
Sur un plan technique, cette immobilité est difficile à réaliser et pour s’en approcher au mieux, on utilise des préparations essentiellement « dynamiques », le terme incluant l’idée de répétitions et de progression. (…) L’importance des phases dynamiques repose aussi sur la nécessité de détendre, d’étirer, de comprimer et de tonifier avant d’agir vraiment par la position statique éventuelle. (…)
Le mouvement lent, contrôlé et synchronisé avec la respiration calme et complète, facilite aussi l’orientation mentale. (…)
Réunies à l’intérieur d’une série de mouvements doucement répétés, ces caractéristiques aident à déterminer les possibilités physiques, respiratoires et psychologiques du moment présent ; elles donnent une idée précise des limites à atteindre et à ne pas dépasser, et conduisent à la stabilité dans l’aisance qui définit la posture de yoga. ». Frans Moors

« Le temps comme une sphère »

« Tous les êtres vivants s’appartiennent mutuellement car nous ne sommes pas des êtres séparés, mais des dynamismes, ou les étapes d’un processus. Il n’y a pas de mort, seulement une transformation. Une grande différence peut être décrite entre les conceptions occidentales et les conceptions indiennes du temps.
La perception occidentale du temps est linéaire et progressive (…).
Chaque moment est considéré comme une étape par rapport aux autres ; chaque moment est supérieur aux moments précédents mais pas aussi agréable que celui qui suivra (…). Notre perception du temps, est, au contraire, sphérique – il n’y a ni passé ni futur, car ils font un avec le présent. Chaque moment du temps est propre à lui-même – l’unique interaction d’évènements infinis depuis le commencement du temps – et a des conséquences infinies. De même que chaque point de l’espace est le centre de l’univers, chaque moment est le centre du temps, l’unique et précieux instant auquel la Terre s’est préparée depuis son origine. Rien ne progresse, n’avance, ni ne s’améliore. Tout est dans tout ce qui a été et ce qui sera. Un arbre haut de trois pieds n’est ni supérieur ni inférieur à un arbre de trente pieds. Il n’est jamais ni supérieur ni inférieur à ce qu’il était, ou à ce qu’il sera. Il doit toujours être en harmonie avec lui-même. »
Gayle High Pine – Chef de la nation Oglala Lakota
Gayle High Pine – leader

« Observer »

 » – L’observation de soi ou des autres, en approfondissant la connaissance, nous permet d’améliorer notre pratique (…)
– Grâce à l’observation, nous ne nous contentons pas de répéter toujours les mêmes choses, car observer c’est voir ce qui change, c’est s’adapter, progresser, évoluer (…)
– L’observation est un processus d’apprentissage et de connaissance (…)  » Frans Moors

« Toute action devrait être accompagnée d’une observation ; chaque observation devrait faire l’objet d’une réflexion donnant lieu à un nouvel apprentissage qui, lui-même, entraînerait une action neuve, mieux adaptée que la première ». G. Kraftsow

« L’aspect scientifique de l’observation aide à comprendre les effets externes et visibles ; l’art de l’observation aide à pénétrer le monde intérieur de l’observé, à comprendre les effets non-spécifiques (émotions, sensations). » R. Miller

« Le miroir »

« La première chose à faire est de reconnaître notre état actuel. C’est la raison d’être du concept de » darshana », de miroir. Nous avons besoin d’un miroir pour voir comment et où nous sommes. Si je me regarde dans une glace, je vois mon visage. Mais je ne pense pas, que même aujourd’hui, on puisse découvrir un miroir qui permette de voir l’intérieur de l’esprit, de voir si je suis perturbé, si je suis vulnérable à la peur … Un bon miroir ne devrait pas me renvoyer n’importe quelle couleur, mais ma véritable couleur. La vie m’a appris que nous souhaitons toujours regarder le miroir qui nous donne une couleur flatteuse. (…) Un miroir doit être fidèle ; il ne devrait pas avoir de caractéristiques propres et ne devrait refléter que les miennes. » TKV Désikachar

« Le point de départ »

« Si nous ne les détruisons pas, nos potentiels sont à notre disposition. (…) Nous avons certaines possibilités sans avoir travaillé pour les obtenir ; elles nous ont sans doute été données. Mais nous les perdons si nous ne les entretenons pas.
Que nous ayons certaines capacités ou que nous souhaitions en obtenir, il est essentiel de savoir où nous en sommes. C’est le premier élément du voyage. Parce que nous désirons quelque chose, très souvent nous avons tendance à imaginer que nous sommes ce que nous voulons être. Nous devrions examiner cela attentivement et accepter notre point de départ. Toutes les pratiques doivent partir du point où nous sommes et non pas du point où nous voudrions être. » TKV Desikachar

« La clarté intérieure »

« Nous n’arrivons à percevoir l’espace extérieur que dans la mesure où notre espace intérieur est clair. C’est la clarté de l’intérieure qui illumine l’extérieur. Si vous n’acceptez l’idée de cette clarté intérieure, votre existence et même la faculté d’élocution grâce à laquelle vous établissez justement votre existence, deviennent fausses. Vous dépendez de cette clarté intérieure, de cette force interne agissante, ne serait-ce que pour prononcer une phrase. (…)
Le Purusha Shukta dit que cette force est présente en chaque être vivant. La vie ne continue que dans la mesure où cette force est présente et en son absence, il n’y a ni perception, ni cognition, ni quoi que ce soit. »

Shri T. Krishnamacharya

« Le yoga nous prépare »

« Le yoga c’est ce qui nous prépare et donc ce qui nous protège.
On reproche souvent aux adeptes du yoga de se réfugier dans leur cuirasse ou leur carapace (…). Le yoga nous prépare à confronter les difficultés de l’existence et nous protège contre nos propres erreurs et celles des autres puisqu’il développe la connaissance de soi et l’attention. Toutefois, il nous inspire aussi une grande disponibilité et respecte notre vulnérabilité essentielle. Il faut pour en avoir la preuve, lire l’histoire de karana dans le mahabharata. Le prince était protégé par une armure invincible mail il fut quand même tué puisqu’il donna son armure à indra, par simple générosité ». François Lorin

Rechercher pour l’être humain l’état de santé au sens large »

« Il s’agit de bien se sentir ; les Indiens diraient que la coordination des fonctions de l’organisme est bonne. Ceci n’implique pas forcément l’absence totale de trouble ici ou là ; mais la capacité de ne pas être perturbé durablement ou en profondeur par les « accidents » qui peuvent survenir et d’intégrer dans un nouvel équilibre les modifications induites en nous par telle ou telle maladie … c’est faire appel à nos capacités de flexibilité et d’adaptation au sens physique et psychique. (…) L’intelligence qui anime notre corps peut se dévoiler. » L. Maman