Ordre et Désordre dans la pensée de l’Inde (1)

« L’être humain a de tout temps été confronté au désordre – tant intérieur qu’extérieur – et il a souvent été à la recherche de l’ordre, par des moyens quelquefois discutables. Voici une réflexion sur ces notions :

La civilisation védique
(…) La tradition, transmise oralement au cours des siècles, véhicule encore une notion fondamentale : l’ordre ou le dharma; Ce substantif est dérivé de la racine DHRI : porter, soutenir, maintenir. (…)

Dharma, cité dans les textes les plus anciens du Veda, représente l’ordre cosmique qui maintient la cohérence et la continuité de l’univers.
Ce dernier se nomme « jagat » en sanskrit, c’est-à-dire : « L’en-mouvement ».
Bougeant, changeant sans cesse, il crée en l’homme un angoisse et une incertitude insoutenables. Pour s’en délivrer, l’être humain peut cependant découvrir un support ferme, à l’image du sol sous les pieds. Cet appui est le dharma. »

REPRISE DES SÉANCES DE YOGA ET MÉDITATION LE 9 SEPTEMBRE 2019

Bonne fin d’été à tous et à bientôt pour la reprise de la pratique du yoga.

« Le yoga est une philosophie de l’incarnation. La pratique autour du corps et du souffle a pour but d’ouvrir l’espace pour un lieu de vie et d’expression de ce qui est profond en nous. » Peter Hersnack

« comprendre le sens de la vie »

« Patanjali insiste sur le fait que la personne doit se développer, se comprendre, et de ce fait ne pas prétendre être la seule entité vivant en ce monde. (…)
Apprendre et être capable de partager : là réside le sens de nos relations avec autrui. Qu’est-ce que la vie si nous ne faisons que prendre ? Étant enfant, nous prenons tout le temps. Arrive un moment où nous devons donner. (…)
Le yoga peut aider à comprendre qu’il faut expirer avant d’inspirer.
Expirer c’est donner!

Certaines personnes n’arrivent pas à  s’exprimer parce qu’elles retiennent tout. Leurs maisons sont remplies de ce qu’elles possèdent, mais sont-elles heureuses ? Le bonheur consiste à être capable d’expirer.

C’est simple : expirez !

F.Sheikh Ahmad

KÛRMA ET MERU

« Le mot âsana (posture) est aussi ancien que l’histoire de l’Inde. Considérons l’un de nos rituels d’origine védique : avant de nous asseoir pour faire ce que l’on nomme japa (récitation), nous demandons à certaines forces de nous conférer leur propre stabilité. La prière dit : « Terre, ô ma Terre, soutiens-moi de la même manière que tu es soutenue par le Seigneur qui a pris la forme d’une tortue pour te sortir du fond de l’océan. »
L’histoire raconte que le Seigneur offrit d’être la base de l’épine dorsale qui soutien le grand Mont Meru, utilisé comme bâton à baratter l’Océan de Lait, tandis que le grand serpent Ananta tenait lieu de corde enroulée autour du Mont Meru.
À l’une des extrémités tiraient les démons, à l’autre les dieux. La corde était mue de telle façon que le Mont Meru barattait, alors que la Tortue (Kûrma) restait stable, comme immobile.
C’est pourquoi la prière se poursuit ainsi : « Terre, toi qui es un exemple pour l’âsana, donne-moi la stabilité qui est la tienne. »
Cette stabilité n’implique nullement qu’il ne se passe rien. Ici, celà signifie « restriction du mouvement ».
On utilise très souvent le Grand Ananta pour illustrer l’idée d’âsana. Dans cette légende, la plus ancienne que nous connaissions à propos d’âsana, le rôle d’Ananta consiste à aller et venir sans être blessé ni tué.
Retenons surtout que c’est Meru, la montagne censée atteindre les cieux, qui est utilisée comme bâton à baratter.

DANS CHAQUE CORPS HUMAIN EN EFFET, IL EXISTE UN MONT MERU : la colonne vertébrale, depuis la nuque jusqu’au coccyx, est appelée en sanskrit Meru danda (bâton). Or toute pratique vise précisément une action sur le Meru danda. » TKV DESIKACHAR
D

« diététique »

« L »expérience et la réflexion montrent que tous les « systèmes alimentaires » prônés et considérés comme l’unique vérité, ne résolvent pas tous les problèmes. Ils sont en général prisés et suivis à la lettre par des gens anxieux, obsédés par leur corps qu’ils comprennent mal. Or, dans ce domaine en particulier, la plus grande souplesse est requise. Notre équilibre est changeant selon les périodes de l’année, les stades de notre vie, les risques de contagion ou de contamination, le rythme de nos activités. Il est nécessaire d’être attentif et d’adapter sans cesse notre nourriture à nos besoins et notre condition physique.

(….)

Je pense devoir insister sur une attention soutenue à nos sensations internes pour adapter la nourriture à ce que nous sommes à tout moment :

  • ne pas manger dans une atmosphère troublée
  • ni en faisant autre chose, donc distraitement,
  • ou si l’on n’a pas faim pour différentes raisons
  • être attentif aux quantité d’alimentés ingérés dans une journée : adapter cette quantité à l’activité
  • savoir changer sa façon habituelle de s’alimenter si des sensations ou des troubles internes l’exigent.

Sachons aussi au fur et à mesure que l’on vieillit, être à l’écoute des fonctionnements du corps, pour adapter sa nourriture de façon constante.

(…)

Mais terminons en disant qu’il serait souhaitable néanmoins de savoir sans se culpabiliser « faire la fête » en oubliant, si cela fait plaisir, tout principe que l’on s’impose. Justement ne rien s’imposer mais comprendre ou ressentir plutôt les bienfaits retirés d’une adaptation intelligente de la nourriture à ce que l’on est … et cela deviendra une « seconde nature » où privations et contraintes n’existeront plus. » Andrée Maman

 

 

 

« Tradition et Yoga » (3)

« L’homme dispose de facultés spécifiques du corps, de l’âme et de l’esprit,

– l’intuition sensible pour le corps, c’est-à-dire la connaissance directe (sans l’aide du raisonnement) des objets par la perception sensorielle ;
– la raison et l’imagination pour l’âme, c’est-à-dire la connaissance qui procède par analyse, synthèse, analogie … et qui utilise pour celà le mental ;
– l’intuition transcendante pour l’esprit, c’est-à-dire la connaissance du sens ultime des choses, des principes d’ordre universel. Elle ne procède pas par le raisonnement mais par une sorte d’évidence intérieure (…)

On peut comprendre, par ce qui précède, que la tradition va transmettre un ensemble de moyens pour que l’homme puisse prendre conscience qu’il est aussi esprit et atteindre la connaissance du sens ultime des choses. »

A. Debast

« Tradition et Yoga » (2)

« Il est dit dans toutes les traditions que l’homme n’est pas seulement un corps, mais aussi une âme et une esprit. (…)
Au bord du lac, quand le vent frise la surface de l’eau, on voit des milliers de reflets qui marquent l’extrémité de chacun des rayons émanant du soleil. Le soleil est réfléchi dans l’eau et ce n’est sans doute pas un hasard si le mental est dans l’homme, ce qui réfléchit.

Il est dit aussi dans la tradition que tout ce qui se trouve dans l’homme se trouve également dans l’univers. L’homme est un microcosme au sein du macrocosme et c’est cela justement qui lui permet de sentir en harmonie avec l’univers, de prendre conscience qu’il est un centre dans le monde en se connaissant lui-même. »

« Tradition et Yoga » (1)

« Le mot « tradition » est un terme que l’usage a, peu à peu, vidé de sa signification première, et qu’il est donc intéressant de redéfinir pour éviter des discussions stériles. Le mot lui-même, dans sons sens originel, exprime l’idée de « transmission », du latin « traditio : action de transmettre ».
On ne peut évidemment transmettre que ce qu’on a soi-même reçu et cela relie la notion de transmission à celle d’une chaîne de transmission. D’ailleurs en sanskrit, le mot est exprimé par paramparâ, série ininterrompue, succession, continuation, tradition.
Mais « transmission au travers d’une suite ininterrompue » n’est cependant pas suffisant pour une définition complète car la tradition ne transmet pas n’importe quoi. Je crois cependant que pour bien le comprendre, il peu être intéressant de de passer au préalable par deux exemples. Ils sont révélateurs de l’esprit traditionnel. »
A. Debast (à suivre…)

3 – « Rétentions du souffle »

« Les rétentions sont toujours citées en troisième positions après l’expiration et l’inspiration. Le souffle peut être retenu après l’expiration (poumons vides), ou après l’inspiration (poumons pleins).
Les rétentions permettent d’intensifier l’effet de la posture et d’améliorer l’inspiration. Si la pratique des rétentions provoque un raccourcissement de la respiration, il ne faut pas continuer.
L’introduction des rétentions doit être progressive, d’abord dans les postures et en commençant par les rétentions poumons vides.
La rétention après l’inspiration ne doit s’accompagner ni d’un blocage ni de tensions dans la gorge. » M. Alibert

2 – « Mouvement d’inspiration »

« En accord avec la pratique posturale, le mouvement d’inspiration débute dans la cage thoracique et descend vers l’abdomen. En cherchant à allonger l’inspiration pour elle-même, on peut très facilement forcer et créer des tensions. Aucune action réflexe ne limite cet effort. Dans la pratique, il est demandé d’insister d’abord sur l’expiration et de la choisir comme base de la respiration. La durée de l’inspiration ne sera jamais supérieure à celle de l’expiration, celà entrainerait des désordres dans la région lombaire, le ventre et la cage thoracique. La découverte de l’inspiration et son amélioration se feront grâce à l’expiration et aux postures. » M. Alibert